Abstract :
[fr] Quarante et un ans après la signature de l’Accord de Schengen, l’Europe est confrontée à un paradoxe : jamais la mobilité transfrontalière n’a fait autant partie du quotidien de millions de personnes, tandis que les frontières et les contrôles aux frontières connaissent un regain d’importance. Cet article mobilise la pandémie de Covid-19 comme grille de lecture afin de montrer que les frontières dépassent aujourd’hui largement les seuls points de contrôle territoriaux. À travers l’analyse de formes de frontières territoriales, administratives, biopolitiques et symboliques, il met en évidence la manière dont la mobilité, l’accès à certains espaces et la participation à la vie sociale ont été reconfigurés durant la crise sanitaire. L’article soutient également que la pandémie n’a pas seulement renforcé des évolutions déjà à l’œuvre, mais qu’elle a agi comme un catalyseur dans la normalisation progressive des contrôles aux frontières intérieures de l’espace Schengen. Dès lors, le principal défi pour Schengen réside moins dans la réintroduction temporaire de ces contrôles que dans leur acceptation sociale croissante et leur pérennisation. L’avenir des frontières ouvertes dépend ainsi de la capacité des sociétés européennes à continuer de considérer la libre circulation comme une norme politique et sociale.
[de] 41 Jahre nach der Unterzeichnung des Schengener Abkommens steht Europa vor einem Paradox: Noch nie war grenzüberschreitende Mobilität für so viele Menschen selbstverständlich, zugleich erleben Grenzen und Grenzkontrollen eine bemerkenswerte Renaissance. Der Beitrag nutzt die Covid-19-Pandemie als analytische Linse, um zu zeigen, dass Grenzen heute weit über territoriale Kontrollpunkte hinausreichen. Anhand territorialer, administrativer, biopolitischer und symbolischer Grenzziehungen wird deutlich, wie Mobilität, Teilhabe und Zugehörigkeit während der Gesundheitskrise neu geordnet wurden. Zugleich argumentiert der Beitrag, dass die Pandemie nicht nur bestehende Entwicklungen verstärkte, sondern als Katalysator für die schrittweise Normalisierung von Binnengrenzkontrollen im Schengen-Raum wirkte. Die eigentliche Herausforderung für Schengen besteht daher weniger in der temporären Wiedereinführung von Kontrollen als in deren gesellschaftlicher Akzeptanz und Verstetigung. Die Zukunft offener Grenzen entscheidet sich letztlich daran, ob grenzüberschreitende Mobilität weiterhin als politische und gesellschaftliche Normalität verstanden wird.
Disciplines :
Arts & humanities: Multidisciplinary, general & others
Human geography & demography
Regional & inter-regional studies
Sociology & social sciences
Social & behavioral sciences, psychology: Multidisciplinary, general & others