[fr] Cet article propose de penser l'histoire comme discipline « cyborg » à l'heure de l'IA générative. Partant du cas des revues de presse — autrefois constituées par des services administratifs identifiables, aujourd'hui filtrées par des algorithmes d'apprentissage automatique —, il montre que les historiens doivent composer avec des « sources cyborg », hybrides d'humain et de machine. Cette mutation appelle une « diplomatique cyborg » articulant savoir-faire disciplinaires (critiques externe et interne, archivistique) et méthodes computationnelles, illustrée par Himanis, EyCon ou Transkribus. L'écriture elle-même devient cyborg avec l'intégration d'IA générative dans les traitements de texte, posant la question d'un appauvrissement stylistique, voire d'une moyennisation des styles historiographiques. Loin d'un déterminisme technologique, l'article plaide pour une discipline qui « bricole » : intègre, adapte ou rejette ces outils via une réflexion collective, documentée, attentive aux enjeux éthiques (droit d'auteur, environnement, digital labor).
Research center :
Luxembourg Centre for Contemporary and Digital History (C2DH) > Contemporary European History (EHI)
Disciplines :
History
Author, co-author :
CLAVERT, Frédéric ; University of Luxembourg > Luxembourg Centre for Contemporary and Digital History (C2DH) > Contemporary European History