Abstract :
[fr] Cette conférence retrace les évolutions majeures du concept d'énonciation à partir de Benveniste et de Greimas, jusqu'aux développements post-greimassiens les plus récents (cf. l'ouvrage L'énonciation. Evolutions, passages, ouvertures de Marion Colas-Blaise, 2023). Jacques Fontanille résume les enjeux en ces termes : "Dans l'histoire récente des sciences du langage, on observe un curieux face à face entre deux grandes tendances. D'un côté, les héritiers de la tradition européenne, et notamment ceux de Benveniste, défendent la nécessité d'une composante énonciative en linguistique ; mais ils se sont souvent cantonnés soit au développement de l'appareil formel de l'énonciation, sous la forme d'une énonciation énoncée […] soit à une typologie de plus en plus complexe des instances de l'énonciation. […] De l’autre côté, les héritiers de tradition anglo-saxonne et notamment 1e coutant logiciste et cognitiviste, pensent pouvoir se passer de cette notion, quand ils ne l'ignorent pas tout simplement : la question de l’énonciation est alors masquée par celle de la communication, ou noyée dans une composante pragmatique du langage, où elle se confond avec celle des actes de langage. Curieusement, les uns et les autres s’entendent parfois pour faire de l’énonciation un phénomène marginal, le lieu même des dysfonctionnements sémantiques, syntaxiques et référentiels du discours : l’énonciation se signalerait alors par son intervention décalée, atypique ou énigmatique (Fontanille, Jacques, « L’énonciation », Id.Sémiotique du discours, Limoges, PULIM, 1998).