Abstract :
[fr] Auteur d’un Livre des orateurs [1836] resté fameux et de nombreux pamphlets et articles publiés tantôt sous son nom, tantôt sous l’éloquent pseudonyme de Timon, Louis de Cormenin s’y montre convaincu, comme il le formule dans l’épigraphe d’un de ses pamphlets, que « [l]a corruption agit, la tribune est muette et la parole est à la presse ». Aussi développe-t-il dans des écrits qui selon son éditeur « résument, par les côtés les plus brillants et les plus sérieux, ce qu’on pourrait appeler l’esprit d’opposition et de progrès sous le règne de Louis-Philippe », ce qu’il ne saurait évoquer longue¬ment à la tribune, étant affligé d’un bégaiement comparable à celui de Camille Desmoulins. Selon lui, « de même qu’il y a l’art du Discours, il y a aussi l’art du Pamphlet », c’est-à-dire « l’art d’animer la pensée, de la refléter dans des prismes colorés, de la vêtir de force, de l’armer de traits et de feux, et de la lancer dans le combat » ; ce combat, pour être remporté, doit cependant être mené conjointement à la tribune et à l’écritoire, dans l’hémicycle et dans la rue. C’est à la façon dont Cormenin pense et représente sous la monarchie de Juillet la complémentarité pour exprimer un propos d’opposition de la tribune et de la presse, du discours, de l’article de journal et du pamphlet, que l’on s’intéressera ici.