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See detailParoles pamphlétaires dans le premier XIXe siècle (1814-1848)
Saintes, Laetitia UL

Book published by Honoré Champion (2022)

La chute de Napoléon, en 1814, marque l’entrée de la France dans un régime d’opinion, résultat d’une mutation de la culture politique qui voit le discours sur la chose publique gagner l’espace extra ... [more ▼]

La chute de Napoléon, en 1814, marque l’entrée de la France dans un régime d’opinion, résultat d’une mutation de la culture politique qui voit le discours sur la chose publique gagner l’espace extra-parlementaire, donnant lieu à des formes de discours codifiées opposées à celles du débat politique officiel. Dans ce cadre, le pamphlet du premier XIXe siècle apparaît comme le catalyseur et le fruit privilégié de cet abandon progressif des formes longues de l’éloquence politique ; sous la plume de Paul Louis Courier, il se mue en une forme de parole codifiée et stabilisée, avec sa rhétorique, ses images et ses protagonistes (le « je » pamphlétaire en particulier). Or la place centrale accordée à l’auteur pose la question de la légitimité de la pratique polémique, et partant des stratégies mises en place par les pamphlétaires pour justifier leur entreprise de dénonciation ; c’est à ces questions que ce livre est consacré. [less ▲]

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See detail« [I]l faut chercher sa force dans la célébrité ». Figurations et reconfigurations de la force au féminin dans l’œuvre de Germaine de Staël
Saintes, Laetitia UL

in Ferry, Ariane; Provini, Sandra; Pouyaud, Stéphane (Eds.) et al La force des femmes hier et aujourd'hui (2022)

Figure pionnière de la pensée libérale et de la théorie littéraire, Germaine de Staël peine à cacher ses réticences envers un pouvoir consulaire dont elle pressent les penchants autoritaristes. Cela lui ... [more ▼]

Figure pionnière de la pensée libérale et de la théorie littéraire, Germaine de Staël peine à cacher ses réticences envers un pouvoir consulaire dont elle pressent les penchants autoritaristes. Cela lui vaut, en 1803, un exil à quarante lieues de Paris – au grand dam de l’écrivaine, confondue face à « cette inconcevable rigueur contre une femme qui a peut-être quelque force dans l’esprit, mais beaucoup de faiblesse dans le caractère ». Cette formule montre bien, dans l’espace intime par essence qu’est la correspondance, la tension à l’œuvre chez Staël entre la force et la faiblesse assignées au féminin selon les circonstances. À la force de l’esprit s’oppose en effet la force de Napoléon, « puissant des puissants » dont le pouvoir « dissipe, non le sentiment, mais la résistance. » Or Staël peut opposer à cette force capable de « l’anéantir » un pouvoir inaliénable, jusque dans l’exil : celui de la « vraie pensée », qui « est de l’âme et de la force ». C’est qu’il y a « une force dans le vrai qui est tout à fait indestructible », lorsque Napoléon « n’[a] que la toute-puissance pour asile ». Ce refuge de la pensée doit beaucoup à la renommée qui lui permet de rayonner : « Quand on ne peut plus trouver son repos dans l’obscurité, il faut chercher sa force dans la célébrité. » C’est précisément cette réflexion sur la façon dont le je staëlien réinvente et se réapproprie la force que nous entendons mener à la lumière de l’œuvre de l’écrivaine. [less ▲]

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See detailSi mon vers est trop cru, si sa bouche est sans frein,/ C'est qu'il sonne aujourd'hui dans un siècle d'airain." Modalités du symbolisme révolutionnaire dans les "Iambes" d'Auguste Barbier
Saintes, Laetitia UL

in Decot, Jérémy; Siviter, Clare (Eds.) Un engagement en vers et contre tous ? Servir les révolutions, rejouer leurs mémoires (1789-1848) (2021)

Au mois d’août 1830, la Revue de Paris publie les poèmes inédits d’un certain Auguste Barbier, alors âgé de vingt-cinq ans. Rencontrant un succès immédiat, ces pièces satiriques inspirées par la ... [more ▼]

Au mois d’août 1830, la Revue de Paris publie les poèmes inédits d’un certain Auguste Barbier, alors âgé de vingt-cinq ans. Rencontrant un succès immédiat, ces pièces satiriques inspirées par la révolution de Juillet sont bientôt rassemblées en recueil sous un titre emprunté à Chénier – les Iambes. Ni classique, ni romantique, le jeune poète échappe à toute tentative de catégorisation ; seule demeure, inébranlable, sa foi en les principes républicains. Révolté par la façon dont Louis-Philippe a récupéré les Trois Glorieuses, Barbier dit tout son pessimisme quant à l’avenir dans « Quatre-vingt-treize », chronique de la déchéance annoncée d’une génération – la sienne – incapable de faire une révolution aussi radicale que celle de ses aînés. « La Curée » le voit dénoncer la faim de pouvoir et d’honneurs caractéristique de ceux qui ont cherché leur seul profit dans les révolutions successives. Hanté par une descente aux Enfers qu’il pressent comme inéluctable, Barbier tend à la société née de 1830 le miroir déformant de la satire pour mieux lui faire saisir l’ampleur de sa médiocrité et de la déchéance qui l’attend. Maniant la véhémence dans une langue aussi dense que sobre, Barbier devient sitôt les Iambes parues le porte-parole d’une jeunesse populaire ; l’écho qu’il rencontre auprès d’elle se vérifiera tout au long du siècle. C’est que nul n’a dit comme lui, c’est-à-dire au travers d’un vers à la fois rude et sobre et d’images fortes que n’affecte aucun conformisme, l’émotion étreignant l’individu devant les mouvements populaires de juillet 1830 ; nul, surtout, n’a condensé d’aussi saisissante façon le symbolisme révolutionnaire, exalté comme le parfait contrepoint d’une époque sans valeurs ni figures héroïques. Nous nous pencherons sur les modalités de ce symbolisme révolutionnaire afin de déterminer l’image des Révolutions de 1789 et 1830 esquissée par Barbier et dont l’impact mémoriel devait être majeur tout au long du siècle. Il s’agira de dégager les thématiques déployées dans les Iambes, tout en examinant les caractéristiques énonciatives et sémantiques du recueil, afin de cerner au plus près l’imaginaire des mémoires révolutionnaires élaboré au gré d’alexandrins et d’octosyllabes égrenant, selon le mot de Baudelaire, « des pensées utiles et honnêtes » ; c’était là, sans doute, condenser ce qu’avait d’essentiellement, d’instinctivement révolutionnaire la poésie de Barbier. [less ▲]

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See detail"[M]a défense, c’est mon éclat". Conjurer l’oubli face à la mort ? Figurations de l'oubli comme mort symbolique dans la correspondance staëlienne
Saintes, Laetitia UL

in Travaux et recherches de l'Institut Benjamin Constant (2021), 18

Cet article entend examiner au départ de la correspondance de Germaine de Staël, ainsi que de Dix années d'exil, toutes les occurrences de cette peur de l'oubli qui la touche dès qu'est ordonné son exil à ... [more ▼]

Cet article entend examiner au départ de la correspondance de Germaine de Staël, ainsi que de Dix années d'exil, toutes les occurrences de cette peur de l'oubli qui la touche dès qu'est ordonné son exil à quarante lieues de Paris. L'écrivaine clôt en effet nombre de ses lettres en demandant à ses correspondants de ne pas l'oublier, et évoque à de nombreuses reprises sa peur de ne plus être remémorée (de ses amis comme de l'opinion) si elle en venait à ne plus lutter publiquement contre la mesure d'exil qui la frappe. En ce sens, conjurer l'oubli revient chez elle à conjurer la mort symbolique qui serait la sienne dès lors qu'elle accepterait son sort d'exilée sans discussion ; le présent article envisage les modalités selon lesquelles se joue cette peur de l'oubli comme d'une mort symbolique. [less ▲]

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See detail« [R]animer par un nouveau sang d’anciens souvenirs ». Le médiévisme polémique du premier XIXe siècle, du Groupe de Coppet à Chateaubriand
Saintes, Laetitia UL

in Maillet, Fanny; Corbellari, Alain (Eds.) Le médiévisme érudit en France de la Révolution au Second Empire (2021)

Théâtre des soubresauts politiques que l’on sait, la première moitié du XIXe siècle voit également naître un engouement sans précédent pour le Moyen Âge, marqué par un goût pour le gothique et le roman de ... [more ▼]

Théâtre des soubresauts politiques que l’on sait, la première moitié du XIXe siècle voit également naître un engouement sans précédent pour le Moyen Âge, marqué par un goût pour le gothique et le roman de chevalerie ; bientôt une volonté de mieux connaître la période médiévale se fait jour. Alors que s’ouvre le siècle, Jean de Sismondi, August Wilhelm Schlegel et Germaine de Staël entreprennent chacun à leur façon de réhabiliter une période résolument méconnue dont la connaissance leur paraît essentielle pour renouveler les littératures nationales et, ce faisant, permettre au romantisme naissant de prendre son essor. De son côté, Chateaubriand, dont le Génie du christianisme (1802) a contribué de façon décisive à l’engouement de ses contemporains pour le Moyen Âge, s’attelle à la composition d’une histoire nationale, « monument à la patrie » dans lequel il entend, dans la lignée des travaux des exégètes allemands, rétablir la vérité contre les « vieux mensonges historiques » colportés par une certaine tradition historiographique ; ce sera l’Analyse raisonnée de l’histoire de France (1826). Ces connaissances patiemment accumulées servent néanmoins un objectif idéologique et politique - qu'il s'agisse, chez Chateaubriand, de restaurer la religion catholique dans son rôle civilisateur, ou de défendre, pour le Groupe de Coppet, un idéal chevaleresque susceptible d'inspirer un siècle en manque de repères. Reste encore à voir quel est le Moyen Âge – réel ou imaginaire, merveilleux ou historique – que ces deux tendances idéologiques distinctes instrumentalisent à des fins nettement polémiques. C’est bien cette tension que nous souhaitons interroger, en comparant à la lumière de leurs textes respectifs le médiévisme de Chateaubriand, dont l’Analyse donne à voir une volonté claire de redonner à l’Église le rôle et l’importance qui étaient les siens au Moyen Âge, et celui du Groupe de Coppet, qui aborde la période médiévale dans la perspective progressiste qui caractérise sa vision de l’histoire. Cette approche nous permettra de mieux cerner les modalités et les enjeux idéologiques du médiévisme d’un premier XIXe siècle où la réappropriation de l’histoire revêt plus que jamais une importance déterminante. [less ▲]

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See detailPamphlet". Le qualificatif de la discorde
Saintes, Laetitia UL

in Legoy, Corinne; Déruelle, Aude (Eds.) Les Mots du politique (1815-1848) (2021)

Parmi les termes marquants de la langue politique, celui de « pamphlet » est particulièrement exemplaire de l’énergie polémique du XIXe siècle. Comme le genre qu’il désigne, le terme est avant tout ... [more ▼]

Parmi les termes marquants de la langue politique, celui de « pamphlet » est particulièrement exemplaire de l’énergie polémique du XIXe siècle. Comme le genre qu’il désigne, le terme est avant tout polémique : l’assimilation d’un écrit à un pamphlet, péjorative ou non, n’en est pas moins révélatrice des tensions à l’oeuvre dans le lexique politique de la Restauration. Comment celle-ci entend-elle le terme de « pamphlet » ? Comment s’illustre-t-il dans les champs politique et littéraire ? C’est ce que nous tenterons de déterminer à l’aide des écrits pamphlétaires de Paul-Louis Courier. [less ▲]

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See detailLe Groupe de Coppet et l’écriture polémique. Introduction
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in Cahiers staëliens (2020), 70

Introduction au dossier "Le Groupe de Coppet et l'écriture polémique" des Cahiers staëliens 70 (2020).

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See detailParole pamphlétaire, parole plébéienne. Les cas de Paul-Louis Courier et de Claude Tillier
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in Les Lettres romanes (2020), 74(1-2),

Following the footsteps of Germaine de Staël, Benjamin Constant and especially Chateaubriand, pioneers of the modern lampoon, Paul-Louis Courier turns it into a codified and stabilized genre, with its own ... [more ▼]

Following the footsteps of Germaine de Staël, Benjamin Constant and especially Chateaubriand, pioneers of the modern lampoon, Paul-Louis Courier turns it into a codified and stabilized genre, with its own rhetoric, its own images and its own protagonists (particularly the « I » used by the pamphleteer). However, for the pamphleteer, making the author the main centre of interest implies justifying his writings and explaining the way he can speak on the people's behalf. Studying the lampoon and the metadiscourse relating to it implies therefore opening some sociological horizons : the lampoon emphasizes the social background of the pamphleteer, of his characters and of his readers. Considering these factors, our article aims at comparing the sociological component in Courier's and Tillier's writings, intending to assert exactly how popular 19 th Century-France lampoons are, from a sociological and a rhetorical standpoint. [less ▲]

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See detailLe polémiste au miroir de la polémique : mot d'introduction
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in Les Lettres Romanes (2020), 74(1-2), 3-5

Introduction au dossier "Le polémiste au miroir de la polémique", paru dans Les Lettres romanes, vol.74, 1-2, 2020.

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See detail« Au défaut de l’artillerie perdue, on tire aujourd’hui à coups de gazettes. » Les écrits polémiques d’Auguste Schlegel
Saintes, Laetitia UL

in Cahiers Staëliens (2020), 70

Entre 1813 et 1814, Schlegel produit plusieurs écrits polémiques destinés à faire entendre son opposition à l’Empire, mais aussi à plaider la cause de Bernadotte, Prince Royal de Suède, à l’échelle ... [more ▼]

Entre 1813 et 1814, Schlegel produit plusieurs écrits polémiques destinés à faire entendre son opposition à l’Empire, mais aussi à plaider la cause de Bernadotte, Prince Royal de Suède, à l’échelle européenne. C’est à l’étude de ces écrits polémiques qui défendent et illustrent les principes libéraux qui irriguent la pensée de Coppet que cet article sera consacré. [less ▲]

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See detailPolémique et bataille du genre. La réception des "Considérations sur la Révolution française" de Germaine de Staël
Saintes, Laetitia UL

in Frances, Cyril (Ed.) Le Politique et le Féminin - Les femmes de pouvoir dans les Mémoires d’Ancien Régime (2020)

Si Germaine de Staël est généralement considérée comme l’un des écrivains les plus célèbres de la période révolutionnaire et impériale, le versant politique et historique de son œuvre n’en est pas moins ... [more ▼]

Si Germaine de Staël est généralement considérée comme l’un des écrivains les plus célèbres de la période révolutionnaire et impériale, le versant politique et historique de son œuvre n’en est pas moins méconnu – la critique tendant à privilégier sa production romanesque, et l’histoire ne s’occupant guère, ou à peine, de l’auteure. Cela ne fut pas le cas, toutefois, de la part de ses contemporains, tant l’œuvre staëlienne, politique ou romanesque, a souvent fait l’objet d’une réception pour le moins polémique ; le cas des Considérations sur la Révolution française, ouvrage publié à titre posthume en 1818 et dont les soixante mille exemplaires furent écoulés en quelques jours à peine, est à cet égard exemplaire. Outre les comptes-rendus parus dans la presse périodique, les Considérations sont l’objet, fait remarquable, de trois ouvrages majeurs de critique ou de réfutation, rédigés et/ou publiés en 1818. Le préjugé misogyne qui les irrigue traverse toutefois l’ensemble de la réception des Considérations, témoignant en filigrane de la vision de toute une époque quant à la place des femmes dans l’histoire – à leur légitimité à en témoigner, à l’écrire selon certaines modalités. Car endosser le rôle de l’historienne revêt une ambition tout autre que celle qui consisterait à écrire l’histoire en romancière ou en mémorialiste : historienne, la femme qui prend la plume s’arroge le rôle de sujet dans une histoire – celle de la Révolution, qui plus est – que chaque camp tente de récupérer à son profit. Le présent article s’emploie à observer comment de part et d’autre, du côté de Staël comme de celui de ses détracteurs, l’attente genrée concernant la prise de parole d’une femme dans l’espace public, et a fortiori sur une matière politique, et dans un texte voulu comme historique, détermine l’occasion polémique : que ce soit du côté de la femme auteur, en ce qu’elle prévoit les résistances et adapte son discours pour les déjouer, ou du côté des lecteurs, qui prétendent ne pas céder et voient partout des pièges de séduction. [less ▲]

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See detailÉcrire « au bruit du canon ». Chateaubriand, héros-pamphlétaire de « De Buonaparte et des Bourbons »
Saintes, Laetitia UL

in Glaudes, Pierre; Bercegol, Fabienne; Roulin, Jean-Marie (Eds.) Chateaubriand, nouvelles perspectives critiques (2020)

Dans sa préface de 1826 au Génie du christianisme dans les Œuvres complètes, Chateaubriand prend le parti de résumer toute sa vie comme un « combat […] contre les hommes qui abusaient du pouvoir pour ... [more ▼]

Dans sa préface de 1826 au Génie du christianisme dans les Œuvres complètes, Chateaubriand prend le parti de résumer toute sa vie comme un « combat […] contre les hommes qui abusaient du pouvoir pour corrompre ou pour enchaîner les peuples ». Ce combat se donne à lire de manière magistrale à travers ses pamphlets, et particulièrement dans De Buonaparte et des Bourbons (1814), publié quelques jours avant l’abdication de l’Empereur. Pleinement en prise avec son temps et les questionnements qui lui sont propres dans ce pamphlet qui marque, de son propre aveu, son entrée en politique, Chateaubriand n’en doit pas moins justifier son ingérence, en tant qu’homme de lettres, dans les affaires publiques. C’est à cette fin qu’il met en place une scénographie auctoriale propre à légitimer sa position nouvelle, et impliquant notamment un réinvestissement de l’Histoire mené selon des procédés discursifs singuliers, indices d’un rapport à la temporalité caractéristique d’un auteur qui, plus que tout autre, fut son temps. Quelles sont les modalités esthétiques et poétiques de la scénographie ainsi mise en place ? Comment Chateaubriand instrumentalise-t-il l’Histoire pour appuyer son propos politique, et de quelle façon cela se traduit-il sur le plan esthétique ? Quel est, enfin, l’ethos qui émane du pamphlet ? C’est ce que nous nous appliquerons à déterminer au départ de De Buonaparte et des Bourbons, que l’on comparera à De l’État de la France au mois de mars et au mois d’octobre 1814, pamphlet publié anonymement par Chateaubriand, afin d’attester la continuité et l’originalité des modalités de la posture auctoriale, résolument moderne, du Chateaubriand pamphlétaire. Nous examinerons enfin la réception de la scénographie auctoriale propre au pamphlet au regard de deux écrits parus en réponse à De Buonaparte et des Bourbons, à savoir la Réponse à l’ouvrage de M. de Chateaubriand intitulé « De Buonaparte et des Bourbons » (1814) de Philippe Lesbroussart-Dewaele et les Rêveries de M. de Chateaubriant, ou Examen critique d'un libelle intitulé : « De Buonaparte et des Bourbons » (1815), de Charles-Joseph Bail – écrits révélateurs, par leur publication même, de la résonance, dans le discours politique du temps, du pamphlet et de la figure auctoriale qu’il convoque. [less ▲]

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See detailUne manière de dire "je" : paroles pamphlétaires dans le premier XIXe siècle (1814-1848)
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Doctoral thesis (2019)

La chute de Napoléon, en 1814, marque l’entrée de la France dans un régime d’opinion. Il s’agit là du résultat d’une mutation significative de la culture politique, qui voit le discours sur la chose ... [more ▼]

La chute de Napoléon, en 1814, marque l’entrée de la France dans un régime d’opinion. Il s’agit là du résultat d’une mutation significative de la culture politique, qui voit le discours sur la chose publique gagner l’espace extra-parlementaire, donnant lieu à des formes de discours codifiées opposées à celles du débat politique officiel. Sortant de l’hémicycle pour investir la rue, la parole sur la chose publique change de nature en changeant de lieu d’exercice ; dans ce cadre, le pamphlet de la première moitié du XIXe siècle apparaît comme le catalyseur et le fruit privilégié de cet abandon progressif des formes longues de l’éloquence politique. Suivant les pas de Germaine de Staël, Benjamin Constant et surtout François-René de Chateaubriand, précurseurs de la parole pamphlétaire moderne, Paul-Louis Courier fait du pamphlet une forme de parole codifiée et stabilisée, avec sa rhétorique, ses images et ses protagonistes (le « je » pamphlétaire en particulier). Or la place centrale accordée à la figure de l’auteur pose la question de la légitimité de la pratique polémique, et notamment des stratégies mises en place par les pamphlétaires pour justifier leur entreprise de dénonciation ; c’est à ces interrogations qu’on consacrera notre propos. [less ▲]

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See detailGermaine de Staël, citoyenne du monde. Le cosmopolitisme dans l'oeuvre staëlien
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in Lumen: Selected Proceedings from the Canadian Society for Eighteenth-Century Studies (2019), 38(1), 73-88

Dans son "Histoire de la littérature française" (1936), Albert Thibaudet évoque Germaine de Staël comme « le Napoléon de la vie des salons ». Forte de son ascendant dans les salons, dont le sien fait ... [more ▼]

Dans son "Histoire de la littérature française" (1936), Albert Thibaudet évoque Germaine de Staël comme « le Napoléon de la vie des salons ». Forte de son ascendant dans les salons, dont le sien fait figure d’épicentre de la vie intellectuelle, l’écrivaine devient bientôt le centre d’un groupe résolument cosmopolite, salon d’un genre nouveau la suivant « partout où elle se trouve » : le Groupe de Coppet. Comment les écrits de Germaine de Staël reflètent-ils son souci permanent du cosmopolitisme ? C’est ce que nous examinerons au gré d’un parcours dans l’oeuvre staëlien, habité par une curiosité cosmopolite faisant de l’écrivaine une véritable citoyenne du monde. [less ▲]

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See detailDu roi d’Yvetot au marquis de Carabas. Figures du pouvoir et de la noblesse d’Ancien Régime dans l’œuvre de Pierre-Jean de Béranger
Saintes, Laetitia UL

in Publications numériques du CEREdI (2019)

Venu à la chanson sous l'Empire, Pierre-Jean de Béranger est consacré suite à son succès dans les goguettes – lieu d'une parole engagée et opposée aux pouvoirs en place – comme le « chansonnier du peuple ... [more ▼]

Venu à la chanson sous l'Empire, Pierre-Jean de Béranger est consacré suite à son succès dans les goguettes – lieu d'une parole engagée et opposée aux pouvoirs en place – comme le « chansonnier du peuple ». Il n'en est pas moins prisé du public bourgeois, qui lit ses chansons comme de la poésie, véritable tour de force, qu’il accomplit en appariant en des termes uniques les vers recherchés du Caveau, société littéraire et épicurienne, au message politique de la chanson de goguette. Le présent article cherchera à déployer les modalités de la représentation par le chansonnier des pouvoirs d'Ancien Régime, mobilisés comme les symboles d'un arbitraire anachronique pour mieux mettre en garde l'opinion contre les dangers de la réaction cléricale et nobiliaire qui a cours dès les premières années de la Restauration. [less ▲]

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See detailDes Considérations à Dix années d’exil. Le passé recomposé
Saintes, Laetitia UL

in Cahiers Staëliens (2019), 69(1), 247-259

Entre 1811 et 1813, Staël compose ses deux derniers ouvrages, Dix années d’exil et les Considérations sur la Révolution française. Si ces textes diffèrent par leur tonalité, il existe entre eux des effets ... [more ▼]

Entre 1811 et 1813, Staël compose ses deux derniers ouvrages, Dix années d’exil et les Considérations sur la Révolution française. Si ces textes diffèrent par leur tonalité, il existe entre eux des effets d’échos et des transferts : certains passages sont repris, modifiés d’une œuvre à l’autre. L’article se penche sur ces modalités de transfert, en étudiant certains moments clefs de l’histoire impériale, tels que présentés par Staël, interrogeant ainsi la recomposition du passé par l’auteur. [less ▲]

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See detailFormuler l'ineffable de l'exil : autour de "Dix années d'exil" de Germaine de Staël
Saintes, Laetitia UL

in Les Lettres Romanes (2019), 73

Figure de proue de l’opposition libérale sous le Premier Empire, Germaine de Staël se voit très tôt ostracisée par Napoléon, qui l’éloigne de Paris dès 1803, avant de lui donner l’ordre, en 1810, de ... [more ▼]

Figure de proue de l’opposition libérale sous le Premier Empire, Germaine de Staël se voit très tôt ostracisée par Napoléon, qui l’éloigne de Paris dès 1803, avant de lui donner l’ordre, en 1810, de quitter la France. La correspondance de l’écrivaine la voit d’emblée aux prises avec une difficulté nouvelle : celle de dire l’exil, ineffable par excellence. Souffrant de sa réclusion à Coppet, elle finit par déjouer la vigilance des agents du régime en 1812 pour entreprendre un périple qui la voit traverser l’Autriche, la Russie et la Suède afin de gagner l’Angleterre, terre de liberté. Libre enfin de prendre la plume, elle entame durant ce voyage un manuscrit, lieu d’une parole singulière sur l’exil, tant s’y noue un lien inédit entre le sort du collectif, opprimé par le joug impérial, et la singularité d’une destinée – celle d’une proscrite qui devait faire de son exil une opportunité sans pareille pour élargir son propos et son rayonnement aux dimensions de l’Europe. [less ▲]

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See detailLe groupe de Coppet et l’expérience anglaise : des limites d’un idéal. De l’Angleterre dans les correspondances de Germaine de Staël et de Benjamin Constant, de l’Empire à la Restauration
Saintes, Laetitia UL

in Cahiers Staëliens (2018), 1(68), 30-50

Pierre angulaire de la pensée staëlienne, son admiration pour l’Angleterre, terre de liberté, foyer du libéralisme, amène logiquement Germaine de Staël à en faire le terme du « grand voyage » qui la voit ... [more ▼]

Pierre angulaire de la pensée staëlienne, son admiration pour l’Angleterre, terre de liberté, foyer du libéralisme, amène logiquement Germaine de Staël à en faire le terme du « grand voyage » qui la voit, de mai 1812 à juin 1813, « étudier la carte d’Europe pour [s]’enfuir, comme Napoléon l’étudiait pour s’en rendre maître . » À son arrivée à Londres, toutefois, la réalité est tout autre ; très vite, malgré l’accueil triomphal qui lui est réservé, l’écrivaine se trouve en proie à un ennui dévorant, décrit sans fard : « ce que j’éprouve surtout, c’est de l’ennui. […] Tout est ici moins redoutable, mais aussi moins agréable que je ne croyais », confie-t-elle ainsi à Rocca. Désappointée par la « monotonie de la société », elle peine à se sentir « at home » dans une nation dont le modèle politique – monarchie limitée, liberté constitutionnelle – et par-delà civilisationnel a pourtant toujours constitué dans sa pensée un idéal susceptible d’insuffler à la politique française l’élan libéral qui lui fait défaut. L’écrivaine n’est pas la seule, toutefois, à faire l’expérience éprouvante de l’écart entre son idée de l’Angleterre et la réalité locale. Fin 1815, Benjamin Constant, depuis Bruxelles où il vit en semi-exil, redoutant les conséquences de son attitude durant les Cent-Jours, envisage à son tour un séjour en Angleterre, convaincu qu’il pourrait, en devenant « le représentant de la France opprimée », occuper outre-Manche le rôle politique actif qu’il lui est impossible, pour l’heure, de jouer en France. Au mois de janvier 1816, il arrive à Londres ; si l’accueil qui lui est fait est plus discret que celui jadis réservé à Germaine de Staël, Constant ne désespère pas pour autant de devenir une figure majeure de l’opposition. Bientôt, toutefois, son enthousiasme faiblit : un mois après son arrivée, en effet, il semble convaincu d’avoir en idéalisant le modèle anglais commis une erreur regrettable : « je ne me laisserai plus entrainer par l’idée que l’Angleterre seroit un azyle et offriroit un dédommagement . » Plus isolé qu’il n’imaginait l’être, échouant à jouer le rôle actif qu’il convoitait, il est bientôt persuadé de l’existence d’un abyme infranchissable entre le libéralisme tel qu’il le conçoit et celui que pratique une Angleterre qui, dès lors, se mue en un désert de solitude et d’ennui, évoqué par Constant en des termes similaires à ceux qu’employait à l’époque Germaine de Staël. À la lumière des correspondances des deux écrivains et des Journaux intimes de Constant, nous interrogerons les modalités de leur représentation de l’Angleterre lors de leur séjour outre-Manche. Ce faisant, nous chercherons à dégager et à caractériser l’impression éprouvée d’abord par Germaine de Staël, puis par Benjamin Constant, lors de leur séjour anglais : s’agit-il, malgré une foi jusqu’alors non démentie en la viabilité du modèle anglais, d’une simple déception surtout due aux modalités de la sociabilité britannique, ou bien plutôt d’une désillusion plus profonde, occasionnant une distanciation progressive vis-à-vis de cette représentation idéalisée ? Comment ce sentiment de décalage entre l’idéal et la réalité locale se donne-t-il à lire dans leurs écrits ? C’est ce que nous tâcherons de mettre au jour, en donnant également à voir la façon dont, une fois revenus à Paris, les deux écrivains envisagent rétrospectivement leur expérience anglaise au cours de ces années – décisives – qui voient le déclin puis la dislocation de l’Empire, et les débuts tâtonnants de la Restauration. [less ▲]

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See detailD’une marginalité l’autre. Modalités du polémique dans la parole sur l’exil et la proscription de Benjamin Constant et Germaine de Staël
Saintes, Laetitia UL

in Orages (2018), 1(17), 13-42

Paru en février 1814, De l’esprit de conquête et de l’usurpation est signé « Benjamin de Constant-Rebecque, membre du Tribunat, éliminé en 1802 », manière pour l’écrivain de se poser d’emblée comme un ... [more ▼]

Paru en février 1814, De l’esprit de conquête et de l’usurpation est signé « Benjamin de Constant-Rebecque, membre du Tribunat, éliminé en 1802 », manière pour l’écrivain de se poser d’emblée comme un marginal, un exclu de la scène politique impériale. Quelques mois après la mort de l’Empereur déchu paraît Dix années d’exil, ouvrage protéiforme qui voit Germaine de Staël revendiquer, non sans véhémence, son statut de paria aux yeux du pouvoir napoléonien. Trente ans et deux révolutions plus tard, Victor Hugo, fraîchement exilé, donne toute la mesure de son dégoût pour le Second Empire dans Les Châtiments, jouant notamment, pour ce faire, sur le mode pamphlétaire. Pour ces figures d’écrivains exilés ou bannis – fût-ce simplement d’une institution comme le Tribunat –, la persécution exercée par le pouvoir et l’ostracisation qui en résulte, loin d’être dissimulées, sont au contraire exhibées, la rupture revendiquée avec un régime considéré comme illégitime, inique et mensonger. Rupture d’autant plus revendiquée qu’elle s’énonce dans le registre ou le genre pamphlétaire, marginaux par excellence. Tant l’exclusion de Constant, arborée avec fierté, que l’exil de Germaine de Staël et d’Hugo, vécu souvent avec un stoïcisme teinté d’orgueil, choisissent le mode pamphlétaire pour s’exprimer. Loin d’être anodin, ce choix est révélateur de leur volonté de refléter dans l’espace du texte, par le genre ou le registre choisi, la position marginale qui est la leur dans le corps social et politique français : c’est en effet dans un genre ou un registre alternatifs, résolument à part, que bannis et exilés choisissent de dire la précarité et le paradoxe inhérents à leur propre position. À la lumière des écrits précités, nous chercherons à mettre au jour la manière spécifique dont le pamphlet – comme registre ou comme genre, en prose ou en poésie – reflète la volonté de rupture professée par ces figures de l’exil et du bannissement, désir qui ne pourrait trouver à s’exprimer de la même façon dans aucun autre genre. Dans cette perspective, il s’agira entre autres de montrer comment l’écriture pamphlétaire permet comme nulle autre de transfigurer, de sublimer l’indignation du proscrit – laquelle, hissée au rang de sainte colère, permet de faire de son exclusion le signe de son élection. [less ▲]

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Peer Reviewed
See detailDe la barbarie des robes noires. L’affaire La Barre vue sous l’angle des discours voltairiens
Saintes, Laetitia UL

in Cahiers Voltaire (2017), 1(17), 29-53

En 1766, le tribunal d’Abbeville condamne le chevalier de La Barre, accusé de conduite blasphématoire, à la décapitation. Le bûcher sur lequel ses restes sont jetés voit également sacrifier un exemplaire ... [more ▼]

En 1766, le tribunal d’Abbeville condamne le chevalier de La Barre, accusé de conduite blasphématoire, à la décapitation. Le bûcher sur lequel ses restes sont jetés voit également sacrifier un exemplaire du Dictionnaire philosophique : aux yeux de l’accusation, la responsabilité de Voltaire dans l’affaire ne fait aucun doute. S’appuyant sur la correspondance voltairienne relative à ce moment, le présent article tente d’apporter un éclairage nouveau sur les modalités de mobilisation des différents discours produits. Il s’emploie également à déterminer l’incidence, sur le discours, de la diffusion publique des mémoires en défense et, à l’inverse, du secret entourant le discours de l’accusation. Est enfin abordée la question corrélative de la réception par l’opinion des discours des deux parties, révélatrice de leurs conceptions respectives du rôle des gens de lettres dans la vie publique. [less ▲]

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