Reference : Un baromètre de la qualité de vie des étudiant-e-s au sein des universités européenne...
Scientific congresses, symposiums and conference proceedings : Paper published in a journal
Social & behavioral sciences, psychology : Sociology & social sciences
Human health sciences : Public health, health care sciences & services
http://hdl.handle.net/10993/8881
Un baromètre de la qualité de vie des étudiant-e-s au sein des universités européennes : une nécessité éthique.
French
Baumann, Michèle mailto [University of Luxembourg > Faculty of Language and Literature, Humanities, Arts and Education (FLSHASE) > Integrative Research Unit: Social and Individual Development (INSIDE) >]
Amara, Marie-Emmanuelle mailto [University of Luxembourg > Faculty of Language and Literature, Humanities, Arts and Education (FLSHASE) > Integrative Research Unit: Social and Individual Development (INSIDE) >]
Le Bihan, Etienne mailto [University of Luxembourg > Faculty of Language and Literature, Humanities, Arts and Education (FLSHASE) > Identités, Politiques, Sociétés, Espaces (IPSE) >]
2006
Analyse des Systèmes de Santé
76-77
Yes
International
7ème Congrès de l'ALASS
5-7 octobre
Association Latine pour l'Analyse des Systèmes de Santé
Milano
Italy
[fr] santé mentale ; psychotropes ; université
[fr] Les politiques d’éducation et de formation doivent doter les étudiant-e-s d’aptitudes, de capacités et de compétences nécessaires pour affronter les transformations socioéconomiques (Conseil Européen de Lisbonne 2000). Pour augmenter la compétitivité des ressources humaines, la croissance économique et la cohésion sociale en Europe (Déclaration de Bologne 1999), la question de l'employabilité s'impose progressivement comme une des finalités des enseignements.
Dans un contexte de massification des universités, les questions de politique globale suscitent plus d'intérêt que la qualité de vie et les jugements des étudiant-e-s sur leur expérience universitaire. Une attention particulière est cependant accordée dans les recherches à l'analyse des conditions de leur socialisation, de leur intégration dans l'institution (rapports avec les autres étudiant-e-s, avec leurs enseignants, épanouissement personnel, engagement civique...) et de ce qu'ils ont retiré pour leur parcours ultérieur. Des travaux sur l'évaluation de la qualité et de la satisfaction des services rendus aux étudiant-e-s sont également de plus en plus engagés par les établissements d'enseignement supérieurs pour répondre aux exigences des processus d'accréditation.
Parallèlement à ces études, la problématique du bien-être des étudiant-e-s reste peu documentée. Or une bonne santé constitue un facteur positif de réussite. La qualité de vie des étudiant-e-s est pourtant une priorité de santé publique pour ces jeunes à qui on demande aujourd'hui de relever un tel défi. Dans l'enceinte de trois universités européennes, nous avons réalisé auprès d'étudiants polonais (Po), roumains (Ro) et français (Fr) de 1ère année en sciences humaines et sociales.
Notre objectif est de présenter les principaux résultats de ce travail afin de susciter une discussion éthique sur la place de la qualité de vie et de la santé au sein des universités européennes.
La méthode s'est appuyée sur un questionnaire auto-administré, 1602 étudiants (93 français (Fr), 190 roumains (Ro), 480 polonais (Po)) ont répondu. Des mesures sur les consommations de psychotopes, tabac, alccol, drogues, tc. ont été réalisées. La santé psychique a été évaluée à l'aide d'échelles validées (Brief Cope, Estime de soi, Général Health Qquestionnaire, etc.).
Les principaux résultats. L'âge moyen est de 20 ans. Globalement, les Ro se sentent en moins bonne santé que les Fr et les Po alors qu'ils jouissent de la meilleure estime de soi. Ils sont les plus nombreux à consulter leur médecin et à vouloir rencontrer un psychiatre. Les Fr et les Po sont les plus nombreux à avoir mal au dos, mal à la tête, à se dire fatigués et à déclarer consommer des tranquillisants. Les Po consomment davantage de stimulants et de somnifères. Les Fr sont les plus nombreux à boire de l'alcool et à prendre des amphétamines et de l'ecstasy. Depuis la rentrée universitaire, les Po sont les plus nombreux à avoir modifié leur prise de drogues, et comme les Ro, ils ont augmenté leur consommation de tabac.
Pour faire face à leurs problèmes, les Fr dédramatisent les situations grâce à l'humour et aux distractions, les Po recherchent un soutien social et affectif, les Ro libèrent leurs sentiments par la parole et positivent le sens qu’ils donnent aux événements. Durant les derniers mois, les Ro sont les plus nombreux à avoir entamé une action contre le stress.
Discussion. L'entrée à l'universitaire exerce une influence sur l'équilibre psychique des étudiants. Les comportements à l’égard de leur qualité de vie et de leur santé méritent d’être observés, leur compréhension est une nécessité éthique:
- D'abord, parce qu'il est vraisemblablement peu efficace d’agir sur ces comportements sans agir sur leurs causes. On sait aujourd’hui que des comportements considérés comme nocifs (alcool, tabac, drogues) sont produits en réponse à des carences ou à des agressions de l’environnement pour faire face à la souffrance psychique, à l’isolement, au manque de perspectives. Ce que l'on nomme "problèmes" sont plutôt « des comportements de survie ou des appels au secours » dans le contexte où ils s’expriment.
- Ensuite parce qu'il paraît peu acceptable de considérer les étudiant-e-s comme responsables de ce qui leur est imposé : stress, solitude, manque de respect des droits de l’étudiant, …
L'équité d'accès à la formation et à l’éducation nécessite de repenser la santé au sein des universités comme partie intégrante d’un dispositif d’accompagnement des etudiants-e-s dans leur réussite universitaire.
Perspectives. Un « Baromètre européen de la qualité de vie des étudiant-e-s » permettrait d’analyser l’apparition et l’adoption des comportements bénéfiques ou délétères à l'égard de la santé et du bien-être. Ce type de recherche saisirait à la fois les représentations des jeunes et l’intrication intime, qui prédomine à l’adolescence, ente les problèmes à dominante physique et les problèmes à dominante affective ou relationnelle. Cette connaissance constituerait un support pour des programmes de prévention et de promotion de la santé qui mériterait d'être mené aussi bien du côté des étudiant-e-s que du côté des professionnels de la santé et des enseignants.
Professionals ; Students ; General public ; Others
http://hdl.handle.net/10993/8881
santé mentale, étudiants, psychotropes, université

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