Reference : Rapport annuel sur les migrations et l'asile Luxembourg 2018
Reports : External report
Law, criminology & political science : Political science, public administration & international relations
Migration and Inclusive Societies
http://hdl.handle.net/10993/40355
Rapport annuel sur les migrations et l'asile Luxembourg 2018
English
Sommarribas, Adolfo mailto [University of Luxembourg > Faculty of Language and Literature, Humanities, Arts and Education (FLSHASE) > Identités, Politiques, Sociétés, Espaces (IPSE) >]
Coda, Nicolas mailto [University of Luxembourg > Faculty of Language and Literature, Humanities, Arts and Education (FLSHASE) > Identités, Politiques, Sociétés, Espaces (IPSE) >]
Rozenberga, Zane mailto [University of Luxembourg > Faculty of Language and Literature, Humanities, Arts and Education (FLSHASE) > Identités, Politiques, Sociétés, Espaces (IPSE) >]
Jacobs, Sarah [University of Luxembourg > Faculty of Language and Literature, Humanities, Arts and Education (FLSHASE) > Identités, Politiques, Sociétés, Espaces (IPSE) >]
Nienaber, Birte mailto [University of Luxembourg > Faculty of Language and Literature, Humanities, Arts and Education (FLSHASE) > Identités, Politiques, Sociétés, Espaces (IPSE) >]
31-Jul-2019
EMN Luxembourg
135
Belval
Luxembourg
[en] Migration ; Asile ; politique
[en] Le présent rapport fait la synthèse des principaux débats et des évolutions majeures concernant les migrations et l’asile au Luxembourg en 2018.
L’année 2018 a été marquée par les élections législatives d’octobre 2018 qui ont débouché sur la reconduction de l’ancienne coalition gouvernementale. L’accord de coalition prévoit un certain nombre de mesures relatives aux politiques migratoires.
Le Luxembourg reste un pays d’immigration important. Les mouvements migratoires expliquent en grande partie la croissance de la population. Les migrations pour raisons familiales et économiques demeurent à un niveau élevé. Si certaines nationalités stagnent ou reculent tandis que d’autres progressent, cela est avant tout dû à la conjonction de deux phénomènes : d’une part, le ralentissement des flux migratoires et d’autre part, la naturalisation. Le nombre de titres de séjour délivrés pour des raisons économiques a augmenté de plus de 23% par rapport à 2017, confirmant ainsi la nette tendance à la hausse observée depuis ces dernières années. Cette progression est notamment due à l’augmentation de titres de séjour accordés aux catégories « travailleur salarié », « carte bleue européenne » et « travailleur transféré intragroupe » pour experts et cadres.
La loi du 1er août 2018 qui transpose la directive n° 2016/801/UE a introduit des modifications significatives dans la politique d’admission des étudiants et des chercheurs internationaux au Luxembourg. Cette loi permet aux étudiants et aux chercheurs de séjourner au Luxembourg pendant neuf mois s’ils ont terminé leurs études de master ou de doctorat et s’ils disposent de ressources suffisantes. Le Gouvernement issu des élections législatives d’octobre 2018 entend organiser l’immigration légale en tenant compte des besoins de l’économie.
L’agenda politique de l’année 2018 a également été marqué par le débat autour de la signature du Luxembourg au Pacte mondial pour une migration sûre, ordonnée et régulière (PMM). Ce débat, tant au Luxembourg qu’à l’international, a suscité un certain nombre de réactions de suspicion et de rejet, en particulier dans les milieux nationalistes de certains pays européens. Toutefois, la majorité de la classe politique luxembourgeoise ainsi que le Gouvernement ont défendu le Pacte.
Le nombre de personnes demandant une protection internationale est resté élevé en 2018 et demeure relativement stable par rapport aux deux années précédentes. Le taux de reconnaissance des demandes a continué à progresser. De nombreux BPI restent hébergés dans les structures d’accueil prévues pour les DPI en raison de leurs difficultés à trouver un logement sur le marché privé ou un logement social, ce qui augmente la pression exercée sur les structures d’hébergement. Cette question problématique figure parmi les priorités des autorités nationales, comme en témoigne l’accord de coalition.
Les conditions d’accueil et d’hébergement ont suscité un certain nombre de débats et de réflexions au sein de la société civile. Elles ont été abordées dans la plupart des programmes des partis politiques dans le cadre des élections législatives de 2018 et occupent une place centrale dans le nouveau plan d’action national pluriannuel d’intégration 2018 (PAN), l’accueil et l’encadrement des DPI constituant l’un des deux grands domaines d’action de ce plan.
Une évolution institutionnelle majeure a eu lieu à la suite des élections législatives de 2018 : il s’agit de l’extension des compétences du ministère des Affaires étrangères et européennes qui reprend le volet « Accueil des demandeurs de protection internationale », qui relevait jusque-là du ministère de la Famille et de l’Intégration.
Enfin, sur le plan européen, le nouveau gouvernement confirme son engagement en faveur du Régime d’Asile Européen Commun qui tient notamment compte de la solidarité europenne.
Les mineurs non accompagnés (MNA) ont été un autre sujet de préoccupation au cours de l’année 2018 comme en témoignent le projet de loi qui vise à instaurer une équipe pluridisciplinaire pour évaluer l’intérêt supérieur de l’enfant dans le contexte d’une procédure de retour, le débat largement médiatisé autour de la pratique des examens pour la détermination de l’âge des MNA DPI, ou encore l’accent particulier que le nouveau gouvernement entend donner au renforcement de la prise en charge de ces personnes.
Dans le domaine de l’intégration, il convient de souligner l’établissement d’un plan d’action national pluriannuel d’intégration 2018 (ou PAN Intégration). Ce document est le résultat d’un large processus de consultation mené par les autorités avec les différentes parties prenantes impliquées dans l'accueil et l'intégration des ressortissants non luxembourgeois. Le PAN Intégration fournit un cadre général, stratégique et durable en vue de développer des programmes et outils en faveur de l’intégration de tous les non-Luxembouregois résidant sur le territoire et de la cohésion sociale entre Luxembourgeois et non-Luxembourgeois.
La loi du 8 mars 2017 sur la nationalité luxembourgeoise a généré des conséquences sur le nombre d’acquisitions de nationalité et explique la stagnation, voire le léger recul de la population étrangère au Luxembourg (et en particulier de certaines nationalités) ainsi que l’augmentation du corps électoral au Grand-Duché de Luxembourg.
Les deux organes consultatifs chargés de la défense des intérets des résidents étrangers au Luxembourg ont commencé à fonctionner avec, au niveau national, le Conseil national pour étrangers (CNE) et, au niveau communal, les Commissions consultatives communales d’Intégration (CCCI), renouvelées à la suite des élections communales de 2017. Le nouveau gouvernement entend valoriser ces deux organes. Il propose d’offrir le Contrat d’accueil et d’intégration (CAI) de façon décentralisée et soutenir les communes au niveau de leur travail d’intégration locale.
Le système éducatif reste confronté à des défis majeurs résultant de l’hétérogénéité de la population scolaire. Le deuxième rapport national sur l’éducation a permis de mettre en évidence les inégalités du système éducatif dues aux facteurs sociaux et au contexte migratoire des élèves. Pour faire face à cette situtaion, les autorités ont développé plusieurs mesures telles que l’élargissement de l’offre scolaire internationale et européenne, le développement de classes spécifiques pour jeunes migrants, l’établissement d’un service de médiateur au maintien, à l’inclusion et à l’intégration scolaire ainsi que l’introduction du programme d’éducation plurilingue au niveau des mini-crèches.
La question de la langue luxembourgeoise, en tant que facteur d’intégration, a également fait l’objet de débats tout au long de l’année. La loi du 20 juillet 2018 relative à la promotion de la langue luxembourgeoise a introduit un certain nombre de mesures visant à renforcer l’importance de la langue luxembourgeoise, à soutenir son utilisation, son étude et son apprentissage. Plusieurs organes ont été institués afin de mettre en œuvre ce plan d’action de promotion de la langue et de la culture luxembourgeoises. La question linguistique fut également omniprésente lors de la campagne électorale. La plupart des partis politiques ont souligné dans leurs programmes électoraux l’importance de la langue luxembourgeoise comme facteur d’intégration tout en mettant en évidence l’atout du multilinguisme pour le pays.
Enfin, quelques évolutions sont à signaler au niveau de la politique de retour, en particulier deux propositions de modification de la loi sur l’immigration : l’une autorisant la police à pénétrer dans des locaux d’habitation afin de procéder plus facilement à l’exécution d’une décision d’éloignement en cas de retour forcé ; l’autre prévoyant un contrôle systématique par les juridictions d’une rétention prolongée au-delà de la durée de 4 mois. Le nouveau gouvernement s’engage à compléter le dispositif actuel de rétention à travers la création d’une structure spécifique de rétention pour femmes, familles et personnes vulnérables.
University du Luxembourg - IPSE
European Commission - EC
R-AGR-0692 > EUROPEAN MIGRATION NETWORK > 01/01/2009 - 31/12/2014 > NIENABER Birte
Researchers ; Professionals ; Students ; General public ; Others
http://hdl.handle.net/10993/40355

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