Reference : Une impossibilité en or: la lecture émersonienne de Kant
Scientific congresses, symposiums and conference proceedings : Paper published in a book
Arts & humanities : Philosophy & ethics
http://hdl.handle.net/10993/33809
Une impossibilité en or: la lecture émersonienne de Kant
French
[en] A Golden Impossibility: Emerson's Understanding of Kant
Burks, Deven mailto [University of Luxembourg > Faculty of Language and Literature, Humanities, Arts and Education (FLSHASE) > Identités, Politiques, Sociétés, Espaces (IPSE) >]
Lefort, Elisabeth mailto [University of Luxembourg > Faculty of Language and Literature, Humanities, Arts and Education (FLSHASE) > Identités, Politiques, Sociétés, Espaces (IPSE)]
May-2017
Kant et les penseurs de langue anglaise
[en] Kant and English-speaking Thinkers
Burks, Deven mailto
Grapotte, Sophie mailto
Lequan, Mai mailto
Sosoe, Lukas mailto
Vrin
115-132
No
Yes
International
978-2-7116-2756-1
Paris
France
Colloque en l'honneur de Jean Ferrari: Kant et les penseurs de langue anglaise
from 20-04-2017 to 22-04-2017
Université du Luxembourg
Luxembourg
Luxembourg
[en] Kant ; Emerson ; Winkler
[en] The idea of Ralph Waldo Emerson as Kant's interlocutor may surprise philosophers. Yet Emerson's work has undergone rehabilitation since 1950, showing engagement with philosophical issues of his time. Of importance are Emerson's contributions in ethics and epistemology, notably the struggle between skepticism and idealism. Therein, commentators like David Van Leer have found an “essentially Kantian orientation”, where others see engagement with broader idealist themes. This lack of consensus owes to Emerson's argumentative brushwork and few references to Kant, complicating the attempt “to delineate precisely the influence of philosophical idealism on any of the major texts”.

Such complications do not prevent Van Leer from laying out a hypothetical, Kantian rereading of Emerson by “treat[ing] the essays as if they were both philosophical and organized” and “translat[ing] Emerson's private vocabulary into the more public one of traditional philosophy”. If Van Leer “tend[s] to be less concerned than most with identifying the sources of Emerson's ideas”, this holds because his “hypothetical account means only to disprove the claim that Emerson cannot be read seriously as a philosopher”. An assessment of whether this hypothesis holds water must acknowledge that “what we want to know is not Emerson's 'familiarity' with Kantian concepts, or even his 'knowledge' of them, but only his 'understanding' of those concepts”, for which “any study of the genesis of thought is irrelevant”.

If, by Van Leer's own lights, his hypothesis' validity stands or falls with Emerson's understanding of Kantian concepts, one must first identify that understanding. To that end, this study shall accept Van Leer's terms by bracketing considerations of Emerson's style and sources and by charitably upholding Van Leer's replies thereto. So can attention shift to Emerson's engagement with two Kantian innovations mentioned in his work: transcendental idealism and the faculties.

It will be necessary to set limits for this study, given the breadth of the authors' works. It shall thus focus on Emerson's treatment of idealism and faculties in his 1836 Nature. If this study judges Emerson's understanding of idealism at several removes from Kant's transcendental idealism, notably on the status of objective reality, it finds his understanding of the faculties more closely aligned on the function of understanding, reason and intuition, albeit with an important amendment to the latter. Accordingly, this study holds, with Winkler, Van Leer's hypothetical account to be both interpretively incomplete and constitutively unverifiable.
[fr] Ralph Waldo Emerson, interlocuteur de Kant : voici une idée qui pourrait surprendre les philosophes. Depuis 1950, l’œuvre de Emerson a pourtant bénéficié d’une réhabilitation qui montre combien l’auteur était engagé dans les problèmes philosophiques de son temps. Ses contributions éthiques et épistémologiques sont importantes, en particulier eu égard au dilemme entre scepticisme et idéalisme. À leur endroit, des commentateurs comme David Van Leer ont décelé une « orientation essentiellement kantienne » là où d’autres ont vu une approche aux thèmes plus généralement idéalistes. Cette absence de consensus est due à l’argumentation elliptique de Emerson et à son manque de référence à Kant : toute tentative « de cerner précisément l’influence de l’idéalisme philosophique sur n’importe lequel de [ses] textes majeurs » se trouve ainsi compliquée.

Ces complications n’empêchent pas Van Leer d’émettre l’hypothèse d’une relecture kantienne par Emerson, en « traitant les essais comme s’ils étaient à la fois philosophiques et organisés » et en « traduisant la langue propre à Emerson en celle plus accessible de la philosophie traditionnelle ». Si Van Leer « tend à être moins préoccupé que la plupart des commentateurs par l’identification des sources de la pensée de Emerson », c’est parce que son « interprétation hypothétique veut seulement réfuter l’idée selon laquelle Emerson ne peut pas être lu sérieusement en tant que philosophe ». Pour évaluer si cette hypothèse tient, il est nécessaire de reconnaître que « ce que nous voulons déterminer n’est pas la familiarité de Emerson vis-à-vis des concepts kantiens ou même sa “connaissance” de ces derniers, mais seulement sa “compréhension” de ces concepts ». Or, sous cette perspective, « toute étude de la genèse de [sa] pensée s’avère non pertinente ». 

Si, d’après les propres lumières de Van Leer, son hypothèse est validée ou invalidée par la lecture émersonnienne des concepts kantiens, alors il faut tout d’abord identifier cette lecture. À cette fin, notre étude doit accepter les termes posés par Van Leer, c’est-à-dire mettre entre parenthèses les considérations autour du style de Emerson et de ses sources et adopter charitablement à leurs propos, les positions de Van Leer. Notre attention peut alors se porter sur la discussion engagée par Emerson à l’égard de deux innovations kantiennes mentionnées dans son œuvre : l’idéalisme transcendantal et les facultés.

Compte tenu de l’étendue des écrits de l’auteur, il est nécessaire de définir les limites de notre étude. Celle-ci se concentrera donc sur le traitement réservé par Emerson à l’idéalisme et aux facultés dans son écrit de 1836 : Nature. Si notre étude estime que la compréhension émersonnienne de l’idéalisme diffère parfois de l’idéalisme transcendantal de Kant — en particulier à propos du statut de la réalité objective —, elle trouve que sa lecture des facultés est plus étroitement en accord avec les fonctions kantiennes d’entendement, raison et intuition, quoiqu’avec une modification importante. Par conséquent, cette étude soutient avec Winkler que l’interprétation hypothétique de Van Leer est à la fois de manière interprétative, incomplète et de manière constitutive, invérifiable.
http://hdl.handle.net/10993/33809

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