Reference : « De l’Empathie Pour Lutter Contre le Harcèlement à l’Ecole (EPLUCHE) »
Reports : Expert report
Social & behavioral sciences, psychology : Sociology & social sciences
http://hdl.handle.net/10993/22939
« De l’Empathie Pour Lutter Contre le Harcèlement à l’Ecole (EPLUCHE) »
French
Kerivel, Aude mailto [University of Luxembourg > Faculty of Language and Literature, Humanities, Arts and Education (FLSHASE) > Integrative Research Unit: Social and Individual Development (INSIDE) >]
Mar-2015
Ministère de la Ville, de la Jeunesse et des Sports
97
Paris
France
[fr] Harcèlement ; Violence ; Empathie ; Ecole élémentaire ; Emotion ; Evaluation
[fr] L’expérimentation évaluée consiste à proposer une éducation à l’empathie pendant deux années scolaires consécutives aux élèves de 20 classes de CM1 puis de CM2, afin de lutter contre le harcèlement à l’école. A partir du concept d’empathie, présenté par une équipe de recherche comme la capacité à reconnaître les émotions d’autrui, à assumer le point de vue d’autrui et à manifester de la sensibilité »1, chercheurs, artistes, sportifs, coordonnateurs ECLAIR et enseignants vont co-construire, expérimenter et proposer des séances de jeux sportifs, dansés, théâtre forum et jeux de rôle, toujours associés à des temps de verbalisation.
La question que nous pose cette expérimentation est donc la suivante : de quelle manière l’éducation à l’empathie peut-elle permettre de prévenir, résoudre, voire éviter les situations de harcèlement entre pairs et plus largement de violence à l’école ?
L’objectif de notre expérimentation est de mesurer l’impact de l’expérimentation sur la population visée, à savoir les élèves, mais aussi les parents et les enseignants de CM1 puis de CM2, de repérer les conditions de mise en œuvre et de transférabilité du dispositif.
La choix d’une méthode mixte et innovante alliant observations, observations participantes, entretiens collectifs, questionnaires et questionnaire ludique au début et à la fin de la démarche (à destination des enfants), ainsi que le suivi régulier de l’expérimentation, nous permet de rendre un certain nombre de conclusions quant aux effets de l’expérimentation sur l’ensemble des populations.
L’expérimentation, grâce au travail collaboratif et au va-et-vient entre théorie et pratique a su s’ajuster afin de faire en sorte que l’ensemble des enfants et que le plus grand nombre de parents bénéficient du dispositif.
Parmi les principaux effets hypothétiques2 de l’expérimentation, nous pouvons repérer une baisse significative du nombre d’enfants concernés par les situations d’exclusion (passant de 47,6% en 2013 à 30,2% en 2014) et de harcèlement (passant de 24% à 12,3%). Au delà des situations de harcèlement, l’expérimentation semble impacter le climat scolaire de manière plus générale, puisqu’on observe par exemple une baisse de la peur dans les situations d’apprentissage telles que le passage au tableau. L’information transmise à la majorité des parents et leur participation, pour une partie, aux goûters, témoignent du fait que l’empathie n’entraine pas seulement l’adhésion des professionnels. Ces derniers, déterminants dans la mise en œuvre du dispositif, ont eux aussi été impactés par l’expérimentation, tant en ce qui concerne une sensibilisation à la notion de harcèlement et une capacité à repérer et agir en équipe en direction de ces situations, que dans la connaissance par le biais de « l’éprouvé » et la capacité à la transmission de l’empathie.
Les conditions de réalisation de cette expérimentation tiennent à un ensemble d’éléments :
- le soutien et la confiance de la hiérarchie, donnant la possibilité aux enseignants d’accéder à un
nouveau concept, incarné par le chercheur à l’origine de la théorie ;
- le travail à partir de ce concept permettant aux enseignants prise de recul et appropriation de
théorie dont l’intérêt tient à la possibilité d’engagement dans la construction d’une mise en œuvre
permise par le temps laissé ;
- la possibilité d’expérimenter par le corps, mais aussi de dégager au fur et à mesure de nouvelles
notions (émotions, rites...) enrichies par le croisement des différents regards et la rencontre.
Enfin, ce que nous pouvons retenir de cette expérimentation, c’est le caractère positif et valorisant de la notion d’empathie, qui propose un autre point de départ que celui de la lutte contre le harcèlement par exemple. Une compétence sociale, qui peut aider au travail d’égalité entre filles et garçons et réconciliant rapport à soi et rapport aux autres.
Researchers ; Professionals ; Students ; General public
http://hdl.handle.net/10993/22939
http://www.experimentation.jeunes.gouv.fr/IMG/pdf/RF_EVA_APSCO4_12.pdf

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