Reference : DES INÉGALITÉS SOCIALES AUX DÉCÈS PAR SURDOSE AU SEIN DES USAGERS DE DROGUES ILLICITES
Dissertations and theses : Doctoral thesis
Social & behavioral sciences, psychology : Sociology & social sciences
Human health sciences : Public health, health care sciences & services
http://hdl.handle.net/10993/20442
DES INÉGALITÉS SOCIALES AUX DÉCÈS PAR SURDOSE AU SEIN DES USAGERS DE DROGUES ILLICITES
French
[en] FROM SOCIAL INEQUALITIES TO OVERDOSE MORTALITY IN USERS OF ILLICT DRUGS
Origer, Alain mailto [University of Luxembourg > Faculty of Language and Literature, Humanities, Arts and Education (FLSHASE) > Integrative Research Unit: Social and Individual Development (INSIDE) >]
5-Feb-2015
University of Luxembourg, ​Luxembourg, ​​Luxembourg
Docteur en Sciences Sociales
184
Baumann, Michèle mailto
Chauvel, Louis mailto
Alla, François
Legleye, Stéphane
Houssemand, Claude mailto
[en] Illicit drugs ; Mortality; Overdose ; Social inequality
[fr] Drogues illicites ; Mortality; Surdose ; Inégalités sociales
[en] Illicit and licit drugs’ misuse poses a serious threat to the health, safety and well-being of mankind. Social and health correlates of drug misuse are numerous and many of these can be reduced or avoided by improved prevention and intervention strategies.
Our research analyses the association between socioeconomic inequalities and drug-related mortality. Four complementary studies have been conducted and the following results are to be stressed.

Absolute national prevalence and prevalence rates of problem drug users have been increasing between 1997 and 2000 and declining from 2003 onwards. Luxembourg, with 6.16 problem drug users per 1,000 inhabitants aged between 15 and 64 years, is ranking among the 5 Member states showing the highest prevalence within the EU.
In terms of drug-related mortality, 1.7 and 2.2 acute overdoses per 100,000 inhabitants have been registered nationally in 2011 and 2012, respectively. At EU level, Luxembourg stood for one of the highest fatal overdose rates in 2000, whereas in 2009 its prevalence fell below the EU average rate.
Gender revealed to be a risk factor of drug-related mortality. We showed that the burden of deaths caused by fatal overdoses on the general national mortality was significantly higher for men compared with women. However, it appeared that female overdose victims whiteness remarkably different drug use patterns and trajectories than their male peers. Also, the time window between the onset of illicit drug use and its fatal outcome revealed to be shorter for women versus men included in our study. Early intervention in female drug users, routine involvement of first line health care providers and increased attention to poly- and psychotropic prescription drugs’ use might contribute to preventing premature drug-related death and reducing gender differences.
Social and economic status of drug users impact on the occurrence of fatal overdoses. However, actual and self-referred socioeconomic characteristics of drug users may have a greater predictive value than the parental socioeconomic situation. Individual socioeconomic achievements seem to be more determinant in this context than trans-generational social status baggage. Our results suggest that measures aiming at improving educational levels, promoting vocational training and facilitating socio-professional (re)integration of drug users should, beyond their general objective of social insertion, completing conventional harm reduction strategies in order to increase their impact on public health, and eventually on the prevention of drug-related mortality.
Our final study explored the cumulative effect of socioeconomic disadvantages on the probability of dying from an overdose of illicit drugs. Results showed that the risk of fatal overdoses increases proportionally with the accumulation of socioeconomic disadvantages and that, likewise in general morbidity and mortality, a social gradient seems also to be at stake when it comes to overdose-related mortality.

These results suggest that any measure aiming at reducing social disparities may have a positive and dynamic impact that, even if isolated or targeted, counter the negative cumulative effect in terms of survival. Harm reduction services should integrate socially supportive offers, not only because of their general aim of social reintegration but crucially in order to meet their most important objective, that is to reduce drug-related mortality.
This said, social parameters should not be seen as independent determinants and even more so should the concept of social inequalities be widened when applied to drug-related mortality. Although, the social status seems to hold a major role here, family, social and societal environments, as well as migration and acculturation contexts, also with a view on gender disparities, are at play in the attempt to explain differences in terms of morbidity and mortality.

The future challenges for research will lie in the capacity to take into account the various demographical and societal mutations that next generations will experience and the way they will, or will not, succeed to share resources and distribute wealth in a ‘ healthy ’ way.
[fr] Les abus de drogues licites et illicites posent d’importants défis en termes sociaux, économiques, de sécurité et de santé publiques. Si les conséquences néfastes pour l’individu et pour la collectivité sont nombreuses, elles peuvent en partie être réduites ou évitées par des meilleures stratégies de prévention, de promotion de la santé et d’intervention.
Nos travaux de recherche portent sur l’analyse des liens entre la mortalité liée à l’usage de drogues et les inégalités socio-économiques observées au sein d’usagers de drogues illicites. Quatre études complémentaires ont été menées, dont les résultats suivants méritent d’être mis en exergue.

La prévalence nationale de l’usage de drogues a connu une hausse entre 1997 et 2000 pour amorcer une tendance à la baisse depuis 2003. Toutefois, le Grand-Duché de Luxembourg, avec 6,16 usagers problématiques de drogues illicites sur 1.000 habitants âgés entre 15 et 64 ans, se place parmi les 5 Etats membres de l’Union européenne présentant les taux de prévalence les plus élevés.
En matière de mortalité associée aux drogues, 1,7 et 2,2 surdoses aiguës pour 100.000 habitants ont été enregistrées respectivement en 2011 et en 2012. Une comparaison internationale montre qu’en 2000 le taux de surdose au Luxembourg était parmi les plus élevés dans l’UE, alors que depuis 2009, ce même taux se situe en dessous de la moyenne européenne.
Le genre figure parmi les facteurs de risque en matière de mortalité des usagers de drogues. Nos travaux ont permis de montrer que si la charge de mortalité relative aux surdoses fatales est plus élevée chez les hommes, les femmes, victimes de surdose, affichent des profils de consommation dissemblables à ceux des hommes. La fenêtre temporelle d’intervention entre le début de l’usage de drogues et son issue fatale est plus courte chez les femmes, comparées aux hommes. Des mesures d’interventions et de détection précoce et une implication accrue des services de santé de première ligne et de gynécologie sont à préconiser pour contribuer plus efficacement à prévenir des décès prématurés liés à l’usage de drogues et à réduire les disparités de santé liées au genre.
Un autre résultat majeur issu de nos travaux est qu’il existe une relation inverse entre le statut socio-économique d’usagers de drogues et la probabilité de décès par surdose. Toutefois, les facteurs et les accomplissements socio-économiques individuels présentent une valeur prédictive plus élevée que la position socio-économique parentale, laissant supposer que l’acquis social et économique propre prime sur un bagage trans-générationnel, jugé défavorisant. Une des recommandations dérivées de ces résultats est que les mesures qui visent à améliorer le niveau d’éducation et de formation professionnelle et à faciliter l’intégration socio-professionnelle d’usagers de drogues devraient, au-delà de leur objectif d’insertion sociale, venir compléter les stratégies conventionnelles de réduction de risques en vue d’accroitre leur impact en termes de promotion de la santé et, en fin de compte, sur la prévention de la mortalité associée aux drogues.
Le dernier volet de notre recherche a permis de montrer que l’accumulation de désavantages socio-économiques augmente proportionnellement la probabilité de mortalité par surdose et qu’une dynamique de gradient social semble être à l’œuvre, non seulement pour la santé en général, mais également en matière de mortalité associée à l’usage de drogues illicites. Ces résultats suggèrent que toute mesure qui vise à réduire les disparités sociales peut avoir un impact positif et dynamique, qui même lorsqu’il est isolé ou ciblé, s’oppose à l’effet cumulatif négatif en termes de chances de survie d’usagers de drogues. Les stratégies de réduction des risques et dommages liés aux drogues devraient, au-delà des offres bas-seuil, inclure des mesures d’aide et d’assistance sociales, non seulement dans une optique de (ré)intégration sociale, mais également afin de réduire la mortalité liée à l’usage de drogues.

Les paramètres sociaux ne doivent toutefois pas être considérés de façon isolée. Lorsque les désavantages socio-économiques s’accumulent, le risque de mortalité par surdose augmente et ce de façon graduelle. Au-delà des facteurs de risque de surdose, la notion d’inégalités sociales de santé mériterait davantage d’approfondissements en matière de mortalité liée à l‘usage de drogues illicites. Si la position sociale semble jouer un rôle primordial, il ne faut pas perdre de vue que les environnements familial, social et culturel, tout comme les contextes d’immigration et d’acculturation, également dans une optique d’inégalités de genre, contribuent aux différences observées au niveau de la mortalité liée aux drogues.
Le défi futur en matière de recherche consistera à tenir compte des changements démographiques et des mutations sociétales que connaîtront les générations à venir et de la façon dont elles réussiront à partager les ressources et à distribuer la richesse de manière « saine ».
Integrative Research Unit: Social and Individual Development (INSIDE) > Institute for Health and Behaviour
http://hdl.handle.net/10993/20442

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