Reference : Paysages silencieux dans le roman réaliste (1850-1900)
Dissertations and theses : Doctoral thesis
Arts & humanities : Multidisciplinary, general & others
http://hdl.handle.net/10993/16462
Paysages silencieux dans le roman réaliste (1850-1900)
French
Thiltges, Sébastian [University of Luxembourg > Faculty of Language and Literature, Humanities, Arts and Education (FLSHASE) > Identités, Politiques, Sociétés, Espaces (IPSE) >]
15-Nov-2013
University of Luxembourg, ​Luxembourg, ​​Luxembourg
Université de Strasbourg, ​Strasbourg, ​​France
Docteur en Lettres
624
Wilhelm, Frank mailto
Ducrey, Guy
[fr] En Europe et depuis le romantisme, les arts et la littérature font apparaître le paysage silencieux comme une représentation esthétique, une création culturelle ou un espace reflétant une expérience singulière de communion avec la nature. D’une part, le paysage, qui se définit à partir du point de vue du sujet, est par essence subjectif. D’autre part, le silence paysager, dans son acception générale d’absence de bruit ou de son, est un phénomène théorique, non définissable et non mesurable objectivement. En réaction à ce qu’il dénonce comme une projection lyrique de la subjectivité humaine sur le monde contemplé, le réalisme propose l’exploration scientifique de la nature observée et vise une pratique descriptive basée de prime abord sur la représentation objective du paysage. Au silence romantique, dans lequel tout est langage, s’oppose un silence réaliste, musellement du créateur et constat du mutisme et de l’indifférence du monde environnant.
Les influences de la science et du positivisme ont métamorphosé le regard de l’être humain sur le monde sensible et ont ouvert de nouveaux mondes qu’explorent les romanciers. Simultanément, la disparition de la figure humaine dans l’art paysager témoigne du bouleversement épistémique qui engendre une nouvelle révolution copernicienne dans laquelle l’homme n’est plus le centre du monde et de la connaissance. Le détournement réaliste du topos romantique est problématique en ce qu’il refuse la représentation subjective de la nature, qui pourtant s’est avérée être un modèle efficace, tout en butant sur l’impossible représentation objective d’un motif insaisissable. De ce double échec constitutif de la modernité du réalisme naît une poétique descriptive du paysage qui offre une vision nouvelle du monde, basée non seulement sur le positivisme et le déterminisme, mais également sur la contingence du monde, témoignant d’un certain scepticisme envers les signes.
Dans le sillage de ces évolutions esthétiques et poétiques, le regard et l’horizon du lecteur sur le roman se transforment également. La description du paysage silencieux constitue un espace textuel dans lequel le sens est perpétuellement mis en suspens. Les analogies entre l’écoute du paysage et l’écoute du texte romanesque, entre le paysage silencieux et la lecture silencieuse, permettent de définir une phénoménologie de la description réaliste du paysage silencieux. La construction d’un paysage polysensoriel ainsi que l’association du paysage et du silence, deux concepts pluridisciplinaires, soulignent l’importance de la perception et mettent en exergue la figure de l’interprétant. Le lecteur reconnaît et comprend la référentialité de la description littéraire réaliste, tout en faisant l’expérience, au sein du silence de la page, de la face sonore du signifiant poétique. De la description du paysage silencieux se dégagent un modèle heuristique et un enseignement de lecture, tant au niveau diégétique – les personnages ou le narrateur tentant de percer le silence du paysage – que textuel – le lecteur déchiffrant la signifiance de la description romanesque.
http://hdl.handle.net/10993/16462

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